Le recyclage des déchets produits par l'activité de BTP en 2014

Le 11/12/2018

Afin de mesurer la convergence du secteur du BTP français vers les objectifs nationaux de la loi pour la croissance verte, le Service de la donnée et des études statistiques (SDES) a mené une analyse approfondie des réponses à l'enquête sur les déchets et déblais produits par l'activité de BTP. Cette
enquête, menée par le SDES tous les six ans, permet d'estimer les gisements de déchets issus de l'activité de BTP en France.

chiffres clés

En 2014, les établissements du BTP ont géré 227,5 millions de tonnes de déchets et déblais. Ces déchets, qui proviennent en grande partie des chantiers, et en particulier des chantiers de travaux publics et génie civil, ont été recyclés à hauteur de 69 % de leur poids.


Les actions des établissements du BTP en faveur du recyclage et de la valorisation matière des déchets du secteur ont permis ces dernières années une forte progression du recyclage, en particulier des déchets inertes (+ 12 points entre 2008 et 2014).


Les déchets et déblais principaux de chantier totalisent 81 % du poids total de déchets gérés. Ils incluent une majorité de terres et cailloux non pollués (62 % de l'ensemble) mais aussi les déchets de béton et les matériaux de démolition de chaussée. Ces familles de déchets sont celles qui présentent les meilleurs taux de recyclage.


Les différences de pratiques de gestion des déchets et de performances de recyclage entre les établissements du bâtiment et ceux des travaux publics sont essentiellement dues à des différences de taille ainsi que d'activité. En particulier, les profils de déchets gérés sont assez distincts entre les deux secteurs et également entre petites et grandes entreprises.

Selon l’ADEME

« La publication met surtout l’accent sur le taux final de valorisation de 69% très proche de l’objectif de la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Bien que ce taux traduise une amélioration progressive des pratiques de gestion des déchets dans le secteur du BTP, la poursuite des actions est nécessaire notamment pour les raisons suivantes :

  •   Le code de l’environnement et la LTECV intègrent d’autres objectifs notamment sur la hiérarchie des modes de traitement et la nécessité de favoriser la prévention (réemploi) ainsi que des obligations d’utilisation de matières recyclés dans les chantiers routiers (50% depuis 2017 et 60% en 2020)
  •   Le taux de valorisation proche des 70% est surtout tiré par les déchets inertes et le secteur des TP mais ce taux est très faible pour les déchets du second œuvre dans le bâtiment (trop souvent mélangés) et on ne peut pas s’en satisfaire
  •   La nécessité de généraliser les bonnes pratiques grâce à la sensibilisation des maîtres d’ouvrages et la formation des acteurs (notamment diagnostiqueurs en amont de la chaine) : le diagnostic déchets pourtant obligatoire (décret du 31 mai 2011) est peu réalisé.
  •  Le besoin de mettre en place un système de traçabilité partagé par les différents acteurs pour favoriser la valorisation des déchets de chantier : ce travail va notamment être lancé dans le cadre d’une étude nationale du programme Démoclès avec de nombreux partenaires de l’amont à l’aval de la filière. »