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Appel à projets Low-Tech en territoire normand

Publié le par Quentin Tizon

L’appel à projets « Low-Tech en territoire normand » porté par L’ADEME, la Région Normandie, l’Agence de Développement Normandie, BPI France, Normandie Incubation, l’ADRESS, la DREETS Normandie, le labo NECI et la CRESS Normandie sera lancé le 19 septembre 2023, avec une clôture des dossiers le 6 novembre 2023.

Pour qui et pour quoi ?

 

Cet appel à projets concernera toutes les entreprises, associations, et établissements d’enseignement supérieur et de la recherche. Il visera à accompagner les démarches Low-Tech normandes sur le plan technique, organisationnel et financier.

 

Le nouvel appel à projets permettra d’accélérer le déploiement des démarches Low-Tech.  Actuellement en phase de validation entre les partenaires, son lancement à la rentrée aura quatre objectifs :

  1. La mise en œuvre de nouvelles démarches Low-Tech ;
  2. Fédérer les acteurs de la Low-Tech en Normandie ;
  3. Etablir des relations de coopération entre les collectivités et les porteurs de projet Low-Tech ;
  4. Faire connaître les démarches Low-Tech sur le territoire.

 

Les projets visés par cet AAP doivent permettre prioritairement la mise en œuvre de démarches Low-Tech, mais aussi l’animation et la formation sur les Low-Tech, ainsi que le développement de projet de recherche sur les Low-Tech.

 

Pour candidater :

 

Le dépôt des candidatures se fera du 19 septembre au 6 novembre 2023 à 18h. Pour candidater, il suffit de remplir le dossier technique de candidature et de le transférer aux mails indiqués dans le document. 

Le cahier des charges 

Le dossier technique de candidature 

Pour toute question sur les modalités de l’appel à projets et pour préparer une candidature, veuillez contacter : Camille Prieur ; camille.prieur@ademe.fr ; 02 31 46 81 05 ; Quentin Tizon ; quentin.tizon@ademe.fr, 02.31.46.89.68

Un webinaire de lancement visant à présenter l’appel à projets est organisé le 26 septembre de 13h30 à 15h00. Inscrivez-vous ! 

 

Une dynamique déjà en marche : l’Appel à manifestation d’intérêt Low-Tech 2022

 

La dynamique est déjà en marche, puisque l’ADEME et ses partenaires ont lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) en 2022 mettant en lumière l’existence d’un riche tissu Low-Tech en Normandie. 23 projets émanant de 12 associations et 11 entreprises ont été reçus, et 9 lauréats sélectionnés. Ces projets illustrent des solutions sobres pour répondre aux enjeux climatiques, environnementaux et sociaux, tout en dynamisant le territoire normand :

 

  • Betobo à Petit-Quevilly (76) développe des bornes de recharge solaires pour vélos électriques à partir de batteries et panneaux solaires usagés.

 

  • RETROSTOVE à Curcy-Sur-Orne (14) propose de rétrofiter des poêles à bois obsolètes et polluants en des poêles de masse avec un très fort rendement énergétique.

 

  • La Ruche - Pays de Falaise (14) développe une maison des mobilités douces déclinant 5 services : location de VAE, réparation de vélos et formation à la pratique du cyclisme, auto-stop entre voisins et transport en vélo-cargo de courses et petites marchandises.

 

  • FPI – Calvados (14) développe un service pour rétrofiter des véhicules utilitaires légers (type Citroën C15) en des fourgonnettes électriques, simples et sobres (limitée à 80 km/h) louées à des artisans.

 

  • Les Vagabond·es de l'énergie et ses partenaires à Rouen (76) forment des structures sociales à la fabrication d’outils Low-Tech de cuisson (four solaire, séchoir solaire, rocket stove,...) servant notamment à valoriser des invendus alimentaires.

 

  • HumanMob à Rouen (76) : conçoit un vélo-collectif à assistance électrique normand pour le ramassage scolaire d’enfants.

 

  • La Belle Tech à Saint-Romain-de-Colbosc (76) professionnalise les Low-Tech. L'entreprise se lance tout d'abord en écoconcevant un « rocket stove », à destination de la restauration nomade (food-truck, festivals, etc.).

 

  • PassiLow à Rouen (76) est un projet de conception d’une tiny-house passive sans système de chauffage ni ventilation mécanique.

 

  • Logeo Seine (76) souhaite généraliser l’utilisation de matériaux paille et techniques de construction Low-Tech dans la construction de logements sociaux.

Contexte : c'est quoi les Low-Tech ?

 

Dans une étude parue en mars 2022, l’ADEME fait un état-des-lieux des démarches Low-Tech en France et pose une définition du concept.

En une phrase, les Low-Tech sont une démarche globale de sobriété et d’innovation sous contrainte environnementale visant à répondre à des besoins considérés comme essentiels (se nourrir, se loger, se déplacer, etc) de la façon la plus durable, pérenne, accessible et appropriable par le plus grand nombre.

La démarche Low-Tech suit trois étapes : le questionnement du besoin (le bien ou le service proposé répond-t-il à un besoin essentiel ?), la recherche de durabilité (minimisation des impacts environnementaux et recherche de pérennité de la solution), et l’accessibilité (la solution est-elle compréhensible et appropriable par tous ?).

Et, en pratique, ça donne quoi les Low-Tech pour les entreprises, associations et les collectivités ? Nous pouvons citer quelques exemples en plus des lauréats de l’AMI Low-Tech 2022 cités plus haut.

Pour les entreprises on peut mentionner Terraillon et sa balance de cuisine dynamo qui fonctionne sans piles ni batterie, grâce au système de recharge par dynamo ce qui évite une consommation d’énergie externe et augmente la durée de vie du produit. Une balance mécanique est, bien évidemment, d’autant plus « Low-Tech » que celle-ci. On comprend ici qu’un objet n’est pas Low-Tech dans l’absolu, il est plus (ou moins) Low-Tech qu’une solution alternative répondant au besoin initial. C'est la raison pour laquelle nous parlons de "démarche Low-Tech". La Low-Tech pousse ainsi au techno-discernement sans forcément rejeter toutes formes de technologies modernes. On peut aussi mentionner le four solaire par Solar Fire produit à Saint-Romain de Colbosc (76). C’est un four solaire thermique à destination des professionnels qui fonctionne avec un système de miroirs pour la boulangerie, la torréfaction.

L’entreprise de l’ESS (économie sociale et solidaire) « Les Biens Communs » propose un service de mutualisation d’objets du quotidien dans des résidences, immeubles, bureaux, commerces ou encore espaces publics. Cette mutualisation diminue l’achat d’objets peu utilisés mais que l’on peut partager (par exemple, une visseuse dont la durée moyenne d’utilisation par vie est de seulement 12 mn !) et favorise les interactions sociales et la convivialité. L’association Skravik, basée en Bretagne, propose de réaliser des recherches scientifiques marines et de pêcher à la voile plutôt qu’avec des bateaux conventionnels à moteur. Testé par l'Ifremer, le bateau déploie une démarche Low-Tech qui est au service du territoire et de ses besoins. 

Les collectivités se sont également engagées dans des démarches Low-Tech. La Région Bretagne a, par exemple, intégrer les Low-Tech au cœur de sa politique de développement économique. La ville de Bordeaux a initié en 2021 son label « Bâtiment frugal bordelais » qui vise l’adaptation des bâtiments de la ville aux enjeux environnementaux et sociaux.

Les projets Low-Tech ont le vent en poupe dans tous les territoires car ils sont des solutions concrètes aux crises climatique et écologique. Plus qu’un simple système technique, la démarche Low-Tech entend améliorer la résilience des territoires dans un contexte de tension sur les ressources. Elle offre un nouveau récit du vivre ensemble.